
C’est une autre révolution du 19e siècle, l’image s’imprime en masse.
L’estampe est apparue 500 ans plus tôt.
« L’estampe est apparue en Europe à une date indéterminée, sans doute au tournant du XIVe siècle et du XVe siècle, selon des modalités artistiques et techniques qui restent pour certaines encore bien mystérieuses (acteurs, destinataires, matériaux employés). Les raisons même de son apparition n’ont pendant longtemps jamais été clairement débattues, alors qu’il s’agit d’une innovation technique fondamentale pour l’histoire et l’histoire des arts, qui précède de près de cinquante ans la technique de multiplication à l’identique des textes attribuée à Gutenberg. Les hypothèses couramment avancées manquent souvent de fondement. Ainsi, la disponibilité nouvelle du papier en Europe aurait été à l’origine de l’invention de l’estampe, le succès des cartes à jouer dans le dernier quart du XIVe siècle aurait stimulé les recherches autour d’une technique permettant de les produire à grande échelle et à un moindre coût. Enfin, la dévotion médiévale allant en s’individualisant, l’estampe aurait été réalisée pour satisfaire le besoin de la population en images personnelles ». Mais tous ces arguments manquent de contextes historiques, en définitive l’image se disperse dans toute la chrétienté par la mobilité des artistes, leurs enseignements techniques et la fascination qu’elles suscitent dans les populations.


Encore une autre fois c’est l’image imprimée, par le biais des innovations techniques et machines nouvelles qui seront pour l’illustration et les volumes imprimés, les supports de ville pour l’affiche et pour la communication privée une nouvelle manne de production pour de très nombreux ateliers. Depuis la lithographie, la photographie, à la gravure sur bois, sur cuivre et les autres procédés depuis la naissance de l’image. La problématique de l’image tendra à constituer et redistribuer les métiers dans l’industrie graphique en mobilisant des principes tels que le clichage, que ce soit d’ailleurs soit pour du texte ou en iconographie.
Cliché et stéréotypes
De la stéréotypie à l’offset photographe et à la photocomposition, la forme imprimante sera issue d’un cliché et de moins en moins d’un assemblage typographique, incluant formes et marbre.
C’est la lithographie découverte dans les dernières années 18e siècle qui bouleversant les procédés de l’estampe, avec cette gravure à plat. Les procédés comme le relief en taille d’épargne pratiqués dès le Moyen Âge, procédés en creux en taille-douce expérimentés à partir de 1470 mais véritablement utilisé au 16e siècle. Le principe de la lithographie développé par Aloïs Senefelder bavarois (1771 -1834) à partir de 1796 repose sur le recours à une Pierre calcaire.
L’anecdote (X) de sa marque au crayon d’une liste de blanchisserie sur une pierre de son seuil. Et cette tension naturelle qu’est la répulsion entre l’eau et les corps gras, c’est-à-dire l’encre système et un crayon gras comme trace d’une forme sur une Pierre lisse, la pierre est mouillée (humectée) puis on efface cette trace et l’on presse un rouleau encré. Soudain se sont les zones oléo plies du crayon qui accueille donc l’encre, repoussée des zones mouillées humides sur la Pierre. La feuille de papier est ensuite pressée sur la Pierre et l’on renouvelle l’encrage normalement à chaque feuille. Expliqué ainsi cela peut paraitre simple, mais il faut garder à l’esprit que les derniers Lithographes professionnels devaient suivre une formation très exigeante de plus de trois ans, plus quelques années d’apprentissage avant d’être nommés maitres lithographes. (Z) Maitriser le trait dessiné, à la plume, la calligraphie entre autres procédés, et posséder également la maitrise de l’orthographe et des sciences communes.

La presse lithographique est aussi une autre technique d’impression dans la chaine graphique de production d’un atelier, avec une Pierre montée sur un chariot qui se déplace sous le dispositif de pression, d’abord une planche de bois dans un mouvement vertical « le râteau », puis avec la mécanisation, un cylindre sur lequel on engage sur le rouleau la feuille de papier. Avec donc un retour en arrière avec feuille à feuille qui se mécanisera de plus en plus par la suite. Se sont 4 ouvriers ou 2 minimums qui sont indispensables pour faire tourner cette machine. Senefelder publie en 1818 un Manuel détaillé l’art de la lithographie réédité à Paris et à Londres en 1819, manuel qui amorce en quelque sorte le futur de l’imprimerie puisque son procédé amènera ensuite l’objet imprimé : le report sur la Pierre d’impression obtenue par d’autres procédés typographiques, taille douce et bientôt la photographie, puis la lithographie en zinc où la Pierre est remplacée par une feuille de métal, susceptible d’être ensuite courbée et montée en cylindres.


Les 2 pages du brevet de diffusion dès 1817, un brevet est requis pour exercer la profession d’imprimeur lithographe comme depuis 1800-1810 pour les imprimeurs en caractère et l’obligation du dépôt légal était tendue aux impressions lithographiques en 1838. C’est la Chambre des imprimeurs lithographes qui est instituée en 1830 et où nait la maison Goupil, qui dès son origine se livre à plusieurs essais de tirage en couleur qui sont entamés ensuite en production. Mais un procédé est breveté en 1837 par Godefroy Engelmann, sous le nom de chromolithographie, qui impose des calages spécifiques et très exigeants techniquement sur plusieurs Pierres litho. Il faut imprimer les mêmes feuilles, les unes après les autres et partir d’un calage précis mais pas nécessairement égal et similaire pour chaque création en impression. De plus les essais et bourrages machines, entre autres macules (encre) ou brouillages d’impressions sont mal tolérés et ralentissent les cadences donc la rentabilité des ateliers.
Cependant, dans l’édition de livres l’illustration en lithographie ne peut concurrencer les procédés comme la gravure sur bois, car elle est nécessairement hors texte et ne peut être imprimée en même temps que l’ouvrage. Un premier bloc texte en omission totale, celui des maisons d’édition de gravure sur bois de bout, plus ardue mais plus précise dont un exemple talentueux est avec un Gustave Doré.
La gravure sur bois égale la galvanoplastie qui permet des répliques de bois avec précision. Afin d’obtenir des matrices encore plus résistantes à la pression à partir de 1860 les recherches se concentrent sur le report de la photographie. Plusieurs expérimentations conduisent à désigner finalement la photographie comme procédé durable, puis l’image tramée qui mettra fin à la production d’images par gravure sur bois dans la presse. L’édition des premières photogravures suscitent quand même des réactions esthétiques primitivistes, dans les éditions d’art où le bois est transposé sur des clichés phototypes.
La photogravure le début de l’image globalisée
Apparue dans les années 1850-1860, la photogravure s’impose vers 1880-1900. Répond à la demande croissante de reproduction fidèle des photographies et dessins dans les livres, revues et journaux. Permet de combiner texte et image dans une même publication avec une qualité inédite.

L’outil technique l’objet de photogravure Hélio gravure (solaire)
Principe technique La photogravure est un procédé photomécanique permettant de transférer une image photographique sur une plaque métallique gravée (souvent en cuivre ou zinc), destinée à être imprimée en creux (taille-douce) ou en relief (similigravure). Étapes principales : Préparation de l’image : On part d’un négatif photographique.

L’image est trammée (rasterisée / https://fr.wikipedia.org/wiki/Rast%C3%A9risation) : on la transforme en points de différentes tailles grâce à une trame photographique.
Transfert sur la plaque : Une plaque métallique est enduite d’un vernis sensible à la lumière (gélatine bichromatée). L’image tramée est projetée (par contact ou agrandissement) sur cette plaque à l’aide de lumière UV.

Gravure : La plaque exposée est insolée (durcie aux zones exposées). Puis elle est gravée à l’acide (souvent à l’acide nitrique) : l’acide attaque plus ou moins profondément selon les zones d’exposition.
Encrage et impression : Encre appliquée dans les creux (taille-douce). Pression sur le papier pour transférer l’encre. Matériaux et outils utilisés Descriptions 39 40 41..
Applications Livres illustrés de luxe (portraits, paysages, œuvres d’art). Revues d’art et scientifiques.

Catalogues commerciaux. Cartes postales.
Reproductions photographiques dans les journaux (avant l’offset).
Avantages : Qualité exceptionnelle des détails. Tonalités riches, proches de la photographie originale.
Durable pour des tirages moyens.
- Limites : Processus lent et coûteux.
- Tirages limités comparés à l’offset. Nécessite une grande maîtrise technique.
- Exemple notable
- « L’Art » (1875-1896) : revue artistique française qui fit un large usage de la photogravure pour reproduire des œuvres d’art avec grande finesse.


- Lithographie vs Offset : Expression artistique & Affiche Lithographie : un vecteur d’art libre
- Le dessin se fait directement sur la pierre, avec des crayons gras, ce qui donne une grande liberté. Utilisée pour l’affiche dès les années 1860-1870, surtout à Paris.
- Des artistes comme Jules Chéret ou Toulouse-Lautrec font de l’affiche un art à part entière. Mais tirages coûteux, lent processus de chromolithographie.
- Offset : l’héritier industriel
- Récapitulatif technique de l’offset : Découverte accidentelle en 1903 par Ira Washington Rubel, imprimeur américain.

L’IMAGE REPRODUITE : ACCELERATION DES PROCÉDÉS D’IMPRESSION
Le règne de l’image imprimée
Au XIXe siècle trois techniques dominent cette transformation majeure : l’image devient reproductible et accessible. .
Les trois procédés fondamentaux
- La gravure en relief (xylographie) : William Henry Fox Talbot invente le calotype (Kalos et Typos = « Beau et impression »), permettant enfin de reproduire la photographie. En France, Louis Blanquart-Evrard développe les épreuves photographiques reproductibles.
- La gravure en creux (taille-douce) : Plus durable que l’imprimerie typographique, elle produit des images raffinées mais à coût élevé.
- La lithographie à plat : Technique révolutionnaire qui démocratise l’image photographique et mène vers la photogravure.
Les innovations techniques majeures

- 1867 : Charles Nègre invente le damasquinage héliographique breveté par Alphonse Poitevin. Première application industrielle dès 1860.
- La phototypie : Plaque de cuivre et verre inventée par Cyprien Tessié du Motay. Procédé à gélatine sensibilisée offrant finesse exceptionnelle.
- Le procédé Lichtdruck : Plus résistant que la lithographie, adapté aux tirages photographiques de qualité.
- La similigravure : Inventée par Charles-Guillaume Petit (1848-1921). Plaque tramée négative à demi-teintes permettant l’intégration texte/image sur rotatives, révolutionnant la presse illustrée.
Ces innovations transforment radicalement l’édition, la presse et l’accès populaire à l’image.

