ATELIERS DES IMAGES

GOUPIL & Cie 2027

Artistes et intervenants — Notices de présentation

Label Manière Éditions Mars 2026

RÉGIS COTENTIN

Les dispositifs numériques spécifiques Images du patrimoine et création numérique

l’Expérience Raphaël (oct. 2024 – fév. 2025)

Six créations numériques distinctes structuraient le parcours « augmenté » :

1- Un film projeté à 360° dans la rotonde de l’atrium, doté d’une bande-son originale de Jean-Benoît Dunckel (cofondateur du groupe AIR), retraçant la vie « fantasmée » de Raphaël de sa naissance jusqu’au mythe forgé au XIXe siècle.

  • – Une reconstitution numérique du tableau La Pala Baronci — première œuvre datée de Raphaël, aujourd’hui presque entièrement détruite.
  • – Une exploration virtuelle de la Chambre de la Signature du Vatican, montrant les étapes de composition des fresques à partir des dessins préparatoires.
  • – Des animations « trait par trait » des dessins de Raphaël pour montrer leur élaboration, nous plongeant au cœur même du travail de l’artiste.
  • – Les travaux du C2RMF sur cinq rectos-versos avaient révélés des « tracés incolores » — des repères de construction invisibles à l’œil nu, visibles uniquement en vision « augmentée ».
  • – Un voyage sonore immersif et 11 commentaires d’œuvres réalisés par Unendliche Studio, portés par une fiction théâtralisée écrite par David Sanson, avec un dialogue entre Isabella d’Este et Baldassare Castiglione, contemporains de Raphaël.

L’ancrage théorique de Régis Cotentin (pour la question des arts plastiques révélés par le numérique) :

Sa thèse de doctorat (Paris-Sorbonne, 2017), Du simulacre numérique — Les images digitales au défi du vivant, dirigée par Nicole Brénez, pose exactement la continuité qui anime les ateliers des Images Goupil&Cie 2027. Sa recherche analyse comment le numérique actualise des codes culturels et esthétiques hérités de l’histoire de l’art, en croisant tradition et contemporain. Sa thèse centrale est que le spectateur attend de la simulation numérique la même capacité d’incarnation et de transfiguration que les autres moyens d’expression.

C’est cette conviction qu’il a mise en pratique dans le cycle des trois expos « augmentées » (Goya 2021, Forêt Magique 2022, Raphaël 2024), qualifié par Guy Boyer de Connaissance des Arts comme « un modèle de l’application contemporaine du numérique aux besoins d’une exposition classique ».

Le fait que dans l’Expérience Raphaël, le numérique ne se superpose pas aux œuvres comme un gadget mais révèle ce que l’œil ne voit pas (les tracés incolores, les superpositions homothétiques, la Pala Baronci détruite, l’espace architectural du Vatican absent). Le numérique prolonge le geste de Raphaël plutôt qu’il ne s’y substitue, et nous permet de découvrir le travail d’élaboration de ses œuvres, des études préparatoires aux peintures.

REGIS COTENTIN

https://www.instagram.com/regiscotentin

Sève Montverdo & Tapaï Rezine

Le graphisme culturel, Pluridisciplinaire.

Exposition BAG Galerie Bordeaux Janvier 2026

Sève Montverdo développe une écriture artistique poétique issue d’une longue pratique du dessin et du graphisme. Peinture, gravure, dessin, estampe numérique, sculpture. Tapaï Rezine mène un travail plastique mêlant gravure (bois, métal, collagraphie), peinture et sculpture. Sève Montverdo et Tapaï Rezine forment un tandem issu des arcanes créatives de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Leur vade-mecum est

l’injonction de cette période, Utopistes debout ! Pluridisciplinaires, les acolytes jonglent entre graphisme culturel, gravure, illustration, enseignement, littérature. Ils ont imaginé ensemble l’Atelier SMTR (2023). Chaque sujet est abordé dans une concordance rendant possible la monstration commune, comme le choix du format, d’un horizon plus ou moins calé et d’un vocabulaire similaire mais au patois singulier. Parfois le trait d’union se fait par la toile œuvrée à deux dans un va-et-vient d’un atelier à l’autre. Il devient alors difficile d’isoler leurs visuels pour un spectateur qui aurait compris l’imbrication idéologique intime du duo. Leur proposition poétique et politique, ouvre une idée du monde à base de dialogues peints. Les sujets pensés, muris et discutés sont orientés en un regard convergeant et multiple, dénonçant les processus destructeurs enclenchés.

Seve Monverdo et Tapai Rezine – Atleier SmTr IG : https://www.instagram.com/atelier_smtr/

Corinne Szabo —

L’archive comme matrice
Corinne Szabo / Image Goupil Rosa Bonheur Labourage Nivernais

« Professeure agrégée d’arts plastiques, Corinne Szabo enseigne l’histoire de l’art en classes préparatoires littéraires au lycée Montaigne de Bordeaux. Artiste, commissaire d’exposition et critique d’art, elle a fondé la Vitrine des essais, un espace collaboratif conçu avec des étudiants, des artistes et des institutions muséales. Ce dispositif investit in situ les quatre grandes vitrines donnant sur la rue Sainte-Catherine. Les installations proposées y interrogent avec une acuité particulière la question de l’espace public et la nécessité d’un échange avec les passants, dans la perspective d’un éveil des consciences.

La pratique artistique de Corinne Szabo développe une réflexion sur la « survivance » des images (Aby Warburg) et la permanence des représentations qui configurent notre vision du monde contemporaine. Telle une archiviste, elle conçoit des images et des installations où se croisent histoire de l’art, philosophie et sciences, afin d’explorer les processus de construction des héritages et des valeurs culturelles. Fondées sur le dispositif du montage, les associations qu’elle propose engendrent une nouvelle dialectique et permettent la théâtralisation d’un discours artistique.

À partir de la reproduction imprimée du Labourage nivernais de Rosa Bonheur — tableau que la maison Goupil & Cie avait industrialisé au XIXe siècle — l’artiste explorera, avec ses étudiants, la construction d’une Nature « pure », héritée de l’imaginaire du paradis, et interrogera ses liens avec les enjeux écologiques contemporains.

Corinne Szabo incarne le passage entre la transmission pédagogique et l’expérimentation artistique — une position de « passeuse » au cœur du projet Ateliers des Images. »

Fabien Saura & Countach Studio

Le risographe comme presse d’atelier.
IG – Countach Studio

Studio de design graphique et spatial installé à la Fabrique Pola (quai de Brazza, Bordeaux), Countach Studio est piloté par Malak Mebkhout et Fabien Saura. Le studio intervient aujourd’hui dans le champ élargi du design avec, toujours, une appétence pour l’expérimentation.

Countach est, entre autres, un laboratoire d’impression : l’utilisation (et surtout le détournement) de procédés d’impression tels que la risographie est au coeur de leur pratique graphique La riso, à mi-chemin entre offset et l’impression laser permet un rendu singulier grace à l’utilisation de couleurs vives, appliquées en tons directs. Par sa logique de passages successifs de couleurs et ses imperfections contrôlées, cette technique renoue avec les principes fondamentaux de l’estampe : séparation des couches chromatiques, superposition, tirage en série limitée…

Countach anime des workshops autour de la risographie appliquée à des thématiques sociétales (transhumanisme, inclusivité, culture populaire), conçoit des identités graphiques pour des festivals ou expositions (FIFIB (Festival international du film indépendant de Bordeaux), Institut du monde arabe…), et développe des projets éditoriaux.

Leur démarche, joyeuse et tranchée, inscrit les techniques d’impression artisanale dans une narration contemporaine — un écho direct à la vocation de diffusion de l’image qui animait la maison Goupil. »

https://www.instagram.com/countachstudio/

L’Insoleuse

La sérigraphie comme bien commun
IG – L’insoleuse

Depuis 2011, l’association L’Insoleuse développe son activité autour de la sérigraphie artisanale. Son atelier est situé à Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne, au sein de la Fabrique Pola.

L’association œuvre à favoriser la création et la production artistique en sérigraphie, ainsi qu’à encourager l’expression et l’accessibilité aux arts graphiques. Pour cela, elle développe différentes activités : un service d’impression, la mise à disposition de son atelier pour ses adhérents, des initiations à la sérigraphie, l’édition de tirages artistiques et la mise en place d’ateliers pédagogiques. L’équipe est composée de sérigraphes et d’artistes aux parcours et univers variés, réunissant des compétences en infographie, illustration, façonnage, ainsi qu’en organisation d’événements et en conception de projets d’éducation artistique et culturelle. L’atelier est équipé de matériel permettant de réaliser des impressions sur papier, textile et autres surfaces planes. Selon ses moyens, l’association s’adapte également à des demandes spécifiques. Elle dispose par ailleurs d’un dispositif mobile lui permettant d’intervenir et d’imprimer hors les murs de l’atelier.

L’Insoleuse est aussi un espace de recherche, d’expérimentation, d’échanges et de convivialité. À travers le collectif Couleur Jardin, l’association développe des projets autour de la couleur végétale et des pratiques liées aux pigments naturels.

En 2024, L’Insoleuse a organisé le Print Show – Festival des arts imprimés de Bordeaux, qui s’est tenu du 15 novembre au 21 décembre. Une seconde édition est d’ores et déjà prévue pour la fin de l’année 2026.

Dans l’écosystème du projet Goupil & Cie, L’Insoleuse incarne la dimension collaborative et démocratique de l’image imprimée : l’atelier comme lieu de partage du geste et de multiplication des tirages.

IG : https://www.instagram.com/linsoleuse/

Marie-Atina Goldet

La linogravure nomade
Marie Atina Godet
« Mère Gigogne » à l’Atelier Carbet (crédit photo: Atelier Carbet) mai 2025 IG

Artiste plasticienne et graveuse installée à Bordeaux, Marie-Atina Goldet a découvert la gravure au début des années 2000, pendant ses études en stylisme et design textile à Paris. C’est là qu’elle s’initie à la linogravure, une technique qu’elle apprend en autodidacte et qu’elle pratique désormais depuis plus de vingt ans. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux (DNSEP, 2009), elle a choisi de privilégier exclusivement la linogravure en devenant mère, pour assainir sa pratique et son atelier : la technique est non toxique, ne requiert ni acide ni solvant, et permet un environnement de travail sain. Ce qui la séduit aussi profondément dans ce procédé, c’est la légèreté du matériel nécessaire — gouges, plaques, encre, rouleau, baren — qui rend son atelier véritablement nomade, autant pour ses recherches personnelles que pour partager ce savoir-faire lors d’ateliers qu’elle anime pour tous les publics. Ses thèmes de prédilection sont la Nature, le Voyage et l’Intime. Dans le projet Ateliers des Images, Marie-Atina incarne une approche de la gravure accessible, mobile et écologiquement consciente — preuve que l’art de l’estampe peut se réinventer avec presque rien, à condition de maîtriser le geste et le regard.

IG : https://www.instagram.com/atelier_matina

Iris Dickson

La pointe et le subconscient lumineux
Iris Dickson impression gravure XXX

Artiste plasticienne et graveuse bordelaise depuis 2008, Iris Dickson a étudié le graphisme puis fréquenté assidûment les ateliers de gravure et de lithographie de Glacière et Duppéré à Paris. Élève de Charlotte MAssip, Olaf Idalie et Robert Frélaut, elle développe ses recherches imprimées autour de « l’animalité humaine » au sein de l’association La Belle Estampe. Elle attaque le métal, imprime sur différents supports et, parfois, coud ses tirages. Dans le sillon de sa pointe, elle capture l’âme des plantes et des êtres invisibles perchés dans un subconscient lumineux. Elle s’initie également au batik sénégalais. Iris Dickson participe régulièrement à des expositions collectives aux côtés d’autres graveurs bordelais (« Douze Mains » à la Halle des Chartrons) et anime des ateliers d’initiation à la gravure, notamment pour la Fête de l’Estampe. Avec Marie Atina Godet et Pascale Binant au sein de l’association Joyeuse Coquille, ensemble, elles animent des ateliers de gravure pour tous publics — médiathèques, fêtes de l’estampe, événements culturels —, incarnant la transmission directe du geste gravé et le plaisir de l’empreinte partagée

IG : https://www.instagram.com/irisdickson/

Pascale Binant

L’image avant l’image
Pascale Binant –

Formée à la préhistoire, à l’ethnologie et aux arts plastiques, avec un intérêt marqué pour les arts premiers, Pascale Binant vit et travaille en Gironde. Responsable de l’étude des peintures rupestres de la Serra da Capivara au Brésil, auteure de plusieurs ouvrages sur la préhistoire et collaboratrice régulière de revues spécialisées, elle se consacre désormais à l’écriture (essais, fiction, littérature jeunesse) et à la création plastique (peinture, dessin).

Son travail se situe au point d’origine de toute l’histoire de l’image imprimée : le geste premier de la main qui trace, grave, peint sur la roche. De la paroi rocheuse à la page, du pigment minéral à l’encre, sa démarche rappelle que la gravure est d’abord une affaire de traces et de mémoire — celle, profonde, de sociétés qui ont inventé la reproduction de l’image bien avant Gutenberg et bien avant Goupil.

Dans le cadre des Ateliers des Images, sa présence ouvre une perspective anthropologique

: comprendre que le geste du graveur contemporain s’inscrit dans une chaîne ininterrompue qui commence aux premières empreintes rupestres, traverse les matrices de cuivre des éditeurs d’estampes du XIXe siècle, et se prolonge dans les pratiques numériques d’aujourd’hui.

IG : https://www.instagram.com/pascalebinant/

Joyeuse Coquille, la gravure à trois pointes

Trio de graveuses bordelaises réunies sous le nom de Joyeuse Coquille, Iris Dickson, Marie-Atina Goldet et Pascale Binant pratiquent la taille-douce, la linogravure et l’expérimentation sur supports inattendus. Iris Dickson, formée au graphisme puis aux ateliers de gravure et de lithographie parisiens (Glacière, Duperré), élève de Charlotte Reine, Olaf Idalie et Robert Frélaut, développe ses recherches autour de ce qu’elle appelle « l’animalité humaine ». Dans le sillon de sa pointe, elle capture l’âme des plantes et des êtres invisibles. Marie-Atina Goldet, diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux (2009), s’est formée à la gravure à l’École supérieure d’art de Pau, puis au Petit Palais à Paris et dans l’atelier de Charlotte Reine en Dordogne. Elle travaille la linogravure, le Tetra Pak (pointe sèche sur récupération) et le monotype, dans une démarche DIY et accessible. Ensemble, elles animent des ateliers de gravure pour tous publics — médiathèques, fêtes de l’estampe, événements culturels —, incarnant la transmission directe du geste gravé et le plaisir de l’empreinte partagée.

https://www.instagram.com/joyeuse_coquille/

Olaf Idalie

Le burin et la lignée
Chiron – Olaf Idalie

Graveur en taille-douce, Olaf Idalie s’est initié au burin auprès de l’artiste Jean Lodge. Lauréat de l’Institut de France en 1996, ancien enseignant à l’École Estienne (taille-douce) et imprimeur en taille-douce, il a repris la direction de l’atelier La Belle Estampe à Bordeaux, association fondée en 2001 par Robert Frélaut — grande figure de la gravure parisienne et ancien patron de l’atelier Lacourière-Frélaut, où se sont côtoyés Chagall, Picasso, Soulages et Henry Moore.

Idalie perpétue cette filiation en animant un lieu où chaque adhérent est alternativement professeur et élève, dans un esprit de compagnonnage. Toutes les techniques de la gravure y sont praticables : eau-forte, aquatinte, burin, linogravure. Son œuvre personnelle alliait initialement le classicisme des maîtres anciens au psychédélisme des années 70 dans la représentation de personnages improbables. Plus récemment, il explore une abstraction linéaire qui laisse parfois apparaître silhouettes et visages. Exposé à la Fondation Taylor (Paris, décembre 2024) et dans de nombreuses manifestations dédiées à l’estampe.

Sa présence dans le projet Goupil & Cie ancre la dimension patrimoniale et technique de la gravure au burin dans une pratique vivante et transmise.

https://www.instagram.com/idalieolaf/

Sébastien Chevalier Vodopivitz

Le plasticien sonore
Sebastien Chevalier Vodopivitz

Artiste peintre, graveur, musicien et agrégé d’arts plastiques, Sébastien Chevalier Vodopivitz (alias Petit Vodo) vit et travaille à Bordeaux. Formé en arts plastiques à Paris I dès la fin des années 80, il développe depuis plus de vingt ans une pratique croisant peinture abstraite, gravure, sculpture, installations sonores et musique blues.

Son vocabulaire plastique puise dans les schémas de l’enfance — maisons, lignes, cubes — qu’il réinvestit dans des installations oniriques mêlant la figure et le son. Commissaire d’expositions à la galerie La Trame (vitrine d’art contemporain de l’agence ZWA Architectes à Bordeaux), il mène régulièrement des résidences en milieu scolaire, comme au lycée des Graves à Gradignan (2021), où il a conçu une scénographie monumentale — portraits imprimés sur bâches, vitrophanie chromatique, maquettes et installations in situ — en partenariat avec les élèves. Dans le projet Ateliers des Images, sa double casquette de plasticien-graveur et de pédagogue ouvre un dialogue entre image imprimée, son et espace — une dimension intermédiaire qui prolonge l’ambition de Goupil & Cie de faire circuler l’image au-delà de son support d’origine ainsi que de ranimer la matière mémorielle des ateliers de gravure.

https://www.instagram.com/sebastien_vodopivitz/

Bruno Fourure

L’opéra de papier, de Bordeaux à Mexico

Illustrateur, graveur et plasticien français installé à Mexico depuis 2002, Bruno Fourure explore l’intersection de l’art avec l’histoire, la géographie, l’anthropologie et les sciences dans ce qu’il définit comme « le théâtre du monde ». Formé aux arts appliqués à Roubaix, collaborateur de Bayard et Gallimard pour l’édition jeunesse, c’est au Mexique qu’il a découvert et approfondi la technique du grabado, se spécialisant dans les techniques graphiques anciennes au sein des ateliers de la Ciudad de México (2018). Cette discipline définit désormais une grande part de sa production.

Son œuvre — livres tridimensionnels (pop-up), dioramas, costumes de scène (notamment pour l’actrice et chanteuse mexicaine Astrid Hadad), boîtes-microcosmes transformant des constellations sidérales en univers miniatures — convoque la mémoire intime et collective à travers des formes héritées de la tradition de l’image imprimée. Son projet itinérant « L’Opéra de papier » a été présenté dans des institutions prestigieuses : Museo del Chopo (Mexico, 2005), Musée d’art de Zapopan (Guadalajara, 2008).

Du pop-up à la gravure sur métal, de l’illustration pour enfants aux installations muséales, Fourure incarne une figure de l’artiste-artisan voyageur, dans la lignée directe des éditeurs d’estampes qui, comme Goupil, faisaient circuler les images entre les continents.

https://www.instagram.com/brunofourure/

Didier Robcis

La lumière comme matrice
MEMOIRE DU FUTUR (ANTICIPATIONS PAYSAGERES

« Photographe et enseignant à GOBELINS, l’école de l’image à Paris, Didier Robcis développe une pratique artistique qui relie la photographie contemporaine aux procédés historiques de l’image imprimée. Son projet le plus récent, « Chroniques d’un mythographe » (éditions de la petite semaine), repose sur des tirages réalisés par l’auteur en gomme bichromatée — procédé pictorialiste du XIXe siècle où l’image se construit par superposition de couches de gomme arabique pigmentée, exposées à la lumière ultraviolet, chaque passage ajoutant densité et profondeur chromatique.

Ce procédé, à mi-chemin entre la photographie et l’estampe, partage avec la gravure en taille-douce et la lithographie le principe fondamental de la construction de l’image par couches successives. La gomme bichromatée exige la même patience, la même maîtrise du geste et du temps que le tirage d’une eau-forte. Robcis a également co-signé « Hasard objectif », ouvrage mêlant poésie (Gauthier Hubert) et photographie en clin d’œil au mouvement Dada.

Aux GOBELINS, il coordonne des ateliers avec les étudiants du Bachelor Photographe et Vidéaste, encadrant des projets internationaux (festival Photocitizens) et des workshops autour de figures majeures de l’histoire photographique. Dans le projet Goupil & Cie, sa présence incarne le prolongement naturel de la chaîne de l’image imprimée : de la matrice gravée au négatif photographique, du tirage à la main au procédé numérique — une continuité technique et poétique que la maison Goupil avait elle-même anticipée en intégrant très tôt la photographie à son arsenal de reproduction.

https://www.didrob6.fr/

IG : HTTPS://WWW.INSTAGRAM.COM/DIDIERROBCIS/

Frédéric Montier

La voix du pavé, la mémoire de la pierre

Peintre et lithographe, Frédéric Montier est le fondateur de l’association La Voix du Pavé et dirige l’Atelier 22 à Lavardin (Loir-et-Cher), village classé parmi les plus beaux de France. Élève du grand peintre et lithographe Jean Pons, il travaille quotidiennement sur une presse d’imprimerie datant de 1815, décomposant et retranscrivant les peintures à l’envers sur des pierres argileuses et siliceuses encrées qui restituent, à l’impression, l’œuvre originale. Sa pratique, à la fois solitaire et collaborative — il travaille régulièrement avec des artistes locaux —, fait de son atelier un conservatoire vivant de la lithographie traditionnelle. Passeur entre les arts (peinture, musique, slam, poésie), Montier organise des expositions-événements qui croisent l’image imprimée et la performance. Dans le projet Goupil & Cie, sa présence rappelle que la lithographie fut la technique-clé qui permit à Adolphe Goupil de démocratiser l’accès à l’image d’art — et qu’une presse bicentenaire, encore en activité, suffit à maintenir ce fil vivant.

Imprimerie du Loup

l’art du caractère

L’Association Imprimerie du Loup – Typographie, fondée en 2016 et installée rue Pilet à Bordeaux, a pour objet de perpétuer l’art de la typographie traditionnelle comme moyen de composition et d’impression, et de préserver la mémoire des techniques qui appartiennent à l’histoire de l’imprimerie. Léa De Pinho (Little Pépin), artiste-illustratrice également membre active de L’Insoleuse où elle pratique la sérigraphie, et Marie-Cécile Plumot (Studio Plumot), graphiste, typographe et peintre en lettres, y animent un atelier de letterpress — impression typographique à l’ancienne par pression directe de caractères mobiles en plomb ou en bois sur le papier. Ce procédé, antérieur à la lithographie et à la photogravure, est celui-là même qui a fondé la révolution gutenbergienne et qui a coexisté, au XIXe siècle, avec les techniques de reproduction d’images développées par Goupil & Cie. Dans l’écosystème bordelais des arts imprimés — aux côtés de L’Insoleuse, de GraphINK, de Faust Éditions et de Countach Studio —, l’Imprimerie du Loup incarne la dimension patrimoniale et tactile du texte imprimé : le retour au caractère mobile, au plomb, au bois, au gaufrage, au cœur même de la matière du livre.

IG : https://www.instagram.com/imprimerieduloup/

Ateliers IDEM

Montparnasse, la pierre et les maîtres

L’atelier IDEM (Imprimerie de Montparnasse), situé 49 rue du Montparnasse à Paris, est l’une des dernières grandes imprimeries d’art lithographique en activité en Europe. Construit en 1881 par l’imprimeur Eugène Dufrénoy, ce vaste espace de 1 400 m² sous verrière abrite les presses lithographiques historiques de Fernand Mourlot, sur lesquelles ont été imprimés Matisse, Picasso, Miró, Chagall, Braque et Giacometti. Dirigé par Patrice Forest depuis 1997, l’atelier perpétue cette tradition en accueillant une nouvelle génération d’artistes internationaux — Jean-Michel Alberola, Sophie Calle, JR, David Lynch, William Kentridge — qui viennent dessiner directement sur les pierres calcaires, guidés par des maîtres imprimeurs et chromistes. Plusieurs tonnes de pierres lithographiques de tous formats sont à disposition. Erwann Galivel, lithographe et chef d’atelier, y a notamment développé une technique d’alugraphie (matrice d’aluminium gravée au laser, imprimée en lithographie), permettant des tirages photographiques aux encres lithographiques. IDEM incarne, à l’échelle internationale, exactement ce que Goupil & Cie représentait au XIXe siècle : un lieu où la technique d’impression la plus exigeante se met au service de la création contemporaine, où l’artiste et l’imprimeur collaborent pour donner naissance à l’image.

https://www.instagram.com/idemparis/

D&S Fine Art Editions

La lithographie entre la Dordogne et l’Hudson (de la Force à New York).

D&S Fine Art Editions est le projet d’impression et d’édition fondé par Deb Chaney et Stéphane Guilbaud, réunissant deux trajectoires complémentaires dans le monde de l’estampe. Deb Chaney est maître imprimeuse diplômée du Tamarind Institute (Nouveau-Mexique), référence mondiale de la lithographie, et a exercé au Robert Blackburn Printmaking Workshop à New York ainsi que dans son propre atelier Deb Chaney Editions à Brooklyn. Stéphane Guilbaud, formé chez Mourlot, a dirigé le studio Art Estampe puis l’Atelier Arts Litho pendant quinze ans. En 2010, il a reçu le titre de Maître d’Art décerné par le ministère de la Culture, et il est membre des Grands Ateliers de France. Aujourd’hui installé au Viaduc des Arts (avenue Daumesnil, Paris), il dispose d’un second atelier à La Force, près de Bergerac en Dordogne, dédié aux lithographies grand format et à d’autres supports imprimés. Cette implantation périgourdine fait de D&S un partenaire naturel du projet Goupil & Cie : la présence en Nouvelle-Aquitaine d’un atelier de lithographie de niveau international, héritier direct de la lignée Mourlot, crée un pont entre le patrimoine de l’estampe et la création vivante, entre Bordeaux, Paris et New York.

Les Manières : Une Présentation de la culture graphique C’est avant tout une désignation Technique – L'Art de la Gravure La "manière" désigne une technique de gravure imitant un effet pictural : • Manière noire (mezzotinte) : gravure au berceau créant des noirs profonds et des dégradés somptueux • Manière de crayon : imite le dessin au crayon avec des roulettes pointillées • Manière anglaise : combinaison subtile d'aquatinte et de burin Au XVIIIe siècle, certains graveurs gardaient secrète leur "manière" comme un chef cuisinait sa recette. Le Prestige de Goupil – Goupil & Cie excellait dans les "manières" – ces procédés sophistiqués permettant de reproduire tableaux et dessins avec une fidélité stupéfiante. C'était le Netflix de l'art au XIXe siècle : démocratiser les chefs-d'œuvre par l'excellence technique. Les Bonnes Manières – Les éditions cultivent à la fois : • La "manière de faire" (savoir-faire artisanal) • Les "bonnes manières" (élégance, transmission, éducation) Citations – "Il y a une manière de donner qui vaut mieux que ce qu'on donne" – Corneille "Label Manière Éditions : où l'excellence du geste rencontre l'art de transmettre"